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Accueil » Société » Covoiturage vs. SNCF : qu’en penser ?

Attention, âmes sensibles et surtout cheminots, s’abstenir : ceci est un article assez véhément envers la SNCF de la part d’une usagère… usée !

Posons les bases

Le système du covoiturage, qui s’est énormément généralisé dirais-je, à vue de nez, en l’espace d’un ou deux ans maximum, connait comme vous le savez un énorme succès. La référence number one en France pour trouver et/ou organiser un covoiturage est le site communautaire Covoiturage.fr, dont je veux bien sûr vous parler, mais j’y reviendrai plus tard. Autre moyen de locomotion inévitable pour qui n’a pas son permis ou pas de véhicule, le train, terme générique tout à fait banal tant que dénué de jugement de valeur, mais derrière lequel se cache la SNCF et là, le voyage s’annonce tout de suite moins agréable… Non sans rire, ce sigle pourrait presque être le paraphe de quelque démon voire du diable en personne, et je ne suis pas la seule à le penser.

trainSNCF, tout est possible

Oui bon, j’ai définitivement une dent contre ce « grand » service d’un certain public. Ressentiment fondé toutefois et vous allez savoir pourquoi, et encore, il y en a qui en ont plus souffert que moi ! (genre mon tonton qui faisait deux fois par semaine, pour son boulot, un aller-retour Le Mans – Paris et se retrouvait au moins une fois par mois à ne pas pouvoir rentrer dans sa campagne le soir, ou bien à arriver chez lui à deux heures du matin après avoir été déposé par une piètre navette au bled de Nogent le Rotrou où, heureusement, il avait pris l’habitude de laisser sa deuxième voiture. Et ce, pendant huit ans, en devant se lever le lendemain à 7h, ouille…). À part ça, c’est vrai qu’on est bien en première classe, que le Thalys est confortable (emprunté une fois de Cologne à Paris : 250€ l’aller) et les TGV aussi, ça en général, rien à redire – et encore heureux, vu les prix… Le problème est qu’on nous oblige à les prendre, je vais vous expliquer pourquoi.

Rien ne sert de courir…

Oui car justement, le TGV, parlons-en : c’est bien beau un train qui fait Paris – Montpellier en 3h20, Paris – Nantes en 2h ou que sais-je, mais encore faudrait-il le démocratiser un petit peu. Parisienne d’origine et résidente à Tours depuis deux ans (ville choisie entre autres pour sa proximité avec Paris) je pouvais lors des six premiers mois remonter à peu près n’importe quand sur la capitale, puisqu’il y avait en semaine un train Corail toutes les deux heures en moyenne à destination de la gare d’Austerlitz. Plus longuets que le TGV évidemment, mais quasi tous directs et ce, pour 16€ l’aller avec ma carte Jeune. Le drame survint en décembre 2011 lorsque la SNCF a revu « l’ensemble de l’organisation de la circulation ferroviaire pour moderniser le réseau ». Dès lors, il existe un train Corail le matin et un autre en milieu d’après-midi, dont un sur deux est direct. Tout le reste : rien que des TGV qui coûtent bien sûr une et demie à deux fois plus cher. Notons qu’il existe un TER (autre petit nom du Corail) qui apparait certains jours, comme par magie, aux heures de pointe, direct mais dans lequel s’entassent bien évidemment tous les travailleurs et étudiants (horaire fatal : 17h38) pour la modique somme de 25€. Et ce pour voyager debout pendant 2h20 et comprimé comme dans le métro : pas étonnant c’est le seul train « abordable » et « pratique » de toute la journée ! (le TGV coûte en moyenne 33€).

Et même en partant à point !

Bref, je vous jure que j’en passe, et des meilleures (no comment pour les 3h30 de retard au départ de Paris le 1er avril dernier : j’ai cru que c’était une blague. On ne nous a proposé ni dédommagement, ni même un panier repas ou simplement à boire – le trajet initial devant avoir lieu entre 11 et 13h, nous sommes finalement arrivés à Tours à 16h après avoir stationné une heure paumés dans la pampa orléanaise sans aucune explication. Tous les WC étaient fermés pendant le trajet évidemment). Et aussi la fois où j’ai été contrainte de payer DEUX CENT EUROS d’amende, accusée d’avoir fraudé de manière infondée, juste parce qu’il y avait une petite trace qui ressemblait à un tampon sur mon billet. Ma parole contre la leur, à part payer, rien d’autre à faire… En même temps si les prix étaient abordables et le service correct, il y aurait moins de fraudes et d’altercations messieurs. Ah oui : j’ai oublié d’ajouter qu’un TGV Paris – Tours réservé au dernier moment (chose à ne pas faire certes mais là n’est pas la question) monte alors jusqu’à un peu plus de 60€ pour 1h10 de trajet ; le calcul est vite fait : oui on est au tarif moyen de… un euro la minute !

Et alors, le covoiturage ?

Clairement, être covoitureur est seulement avantageux sur de longs trajets : on a, par exemple, des trajets Tours – Montpellier pour 40€ contre plus d’une centaine d’euros en train à la dernière minute. L’avantage du covoiturage est que les prix ne montent pas : le pire qui puisse arriver est que le trajet soit complet, mais quand ça arrive c’est que l’on est vraiment pas prévoyant. Tandis qu’à la SNCF, la différence de prix entre J-10 et J-6 avant le départ peut monter aisément à 10€. J’ai omis de préciser que pour embarquer un vélo à bord du TGV on doit aussi payer 10€ de supplément, et que l’on n’a pas le droit de monter avec une cage à oiseaux (testé et approuvé, heureusement la cage était vide).

En outre le covoiturage n’est pas intéressant, hormis pour son aspect pratique, pour de courts trajets comme Paris – Tours : c’est le même prix qu’un TER avec ma carte de réduction, soit 17€ et des poussières (tous les trains ont pris 1€ du jour au lendemain lors du bouleversement des horaires de la SNCF fin 2011, ça aussi j’avais oublié de vous le dire). Du reste, certains conducteurs ne se dérangent pas pour faire monter les prix au-delà de vingt euros, chose qu’il faudra m’expliquer car à moins de voyager en 4×4 je ne vois pas comment ça peut coûter aussi cher)… Bref, dernier point à retenir selon moi : si Covoiturage.fr nous rend service, nous lui rendons bien service aussi car le site se met au minimum 1€ dans la poche à chaque réservation pour les trajets courts, et le pourcentage monte en fonction du nombre de km. Encore un moyen de s’en mettre plein les fouilles et c’est pourquoi, quand je le peux, j’utilise covoiturage-libre.fr : ni inscription, ni réservation obligatoire dûment réglée par C.B avant le départ, un accès immédiat aux coordonnées du conducteur afin de s’organiser directement avec lui… Pas besoin de faire des manières, le covoiturage n’a pas pour but de s’arnaquer les uns les autres, mais de rendre service et c’est pourquoi les usagers sont, en général, tout à fait réglo. À bon entendeur, salut !

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