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Accueil » Société » Précarité et dérives du statut d’auto-entrepreneur !

Limites de l'auto-entrepreneurA la présentation de ce nouveau statut d’auto-entrepreneur par Hervé Novelli, fin d’année 2008, j’étais plutôt enthousiaste. Etant moi-même entrepreneur, je voyais plutôt d’un bon œil la possibilité de créer facilement son entreprise. Certes, ce statut a des limites, mais n’était-il pas l’idéal pour au moins se lancer en limitant les risques, et surtout en validant, in vivo son projet et son business model ?

Oui mais voilà, 3 mois après son lancement (avec succès !), mon avis est tout autre ! Je le traiterai au travers de deux exemples :

Un statut annonciateur de précarité !

Je vois d’ici les entreprises déjà bien établies qui, plutôt que d’embaucher, préféreront pousser leurs « pseudos » salariés à créer leur mini-structure, leur assurant, au moins au début, un contrat de sous-traitance … Inutile de vous faire un dessin lorsque ces autos-entrepreneurs ne feront pas ou plus l’affaire, ou tout simplement quand l’activité économique ne permettra plus aux donneurs d’ordre de leur assurer des missions.

Vous me direz, c’est comme dans la vie économique traditionnelle. Oui, mais là, nous avons à faire à des entrepreneurs sans expériences, certainement très loin des bonnes pratiques de gestion et qui, pour certains, n’auront finalement pas choisi d’être entrepreneur ! Au hasard, un secteur qui a tous les atouts pour profiter de ce système : le service à la personne.

Pour deuxième exemple, je prendrai les artistes professionnels sous le régime de l’intermittence du spectacle. Déjà que la culture au sens large n’est pas la priorité de nos gouvernants, et que le statut de l’intermittence a déjà largement souffert d’une politique désastreuse à son encontre, ce n’est rien par rapport aux problèmes qui vont se poser aux professionnels du spectacle vivant…

Disons que je suis musicien amateur, et qu’avec des potes, nous décidions de nous produire dans quelques fêtes privées, pour un comité d’entreprise, voire même une collectivité. Hier, ce n’était pas possible, considérant que les employeurs ne transigeaient pas avec le travail au noir. Sans statut, impossible de facturer.

En revanche aujourd’hui, rien de plus simple. Un petit statut d’auto-entrepreneur, et c’est parti pour des week-end de prestations, bien sûr facturés bien en dessous des cachets habituels des artistes professionnels, puisque dans cette ineptie du « travailler plus pour gagner plus », il ne s’agit pas de faire son métier (chacun en a un vrai !), mais simplement de se payer ses prochaines vacances. Et puis la musique c’est ma passion, je le fais presque que pour le plaisir !!!!

On n’en voudra pas aux acheteurs … pour le coup, tout est légal. Mais une économie entrepreneuriale à deux vitesses se dessine.

Bref, deux exemples parmi certainement beaucoup d’autres, suivant les métiers, qui me pousse à croire que ce statut – au demeurant une bonne idée – risque de faire de gros dégâts et toujours plus de précarité !

1 Commentaire

  1. @cris dit :

    http://www.la-bas.org/article.php3?…

    à écouter sans modération pour comprendre un peu l’horreur de ce nouveau statut
    j’ai moi même été alléché, maintenant j’ai compris qu’il ne faut surtout pas s’engager là dedans
    c’est un statut qui va servir le patronat (le grand, celui qui exploite) et pas les individus