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Accueil » Musique » Le fonctionnement de la Sacem toujours aussi opaque

Opacité de la sacemEn 2003, Irène Inchauspé et Rémi Godeau avaient sorti un livre "Main basse sur la musique", chez Calmann-Lévy : une véritable enquête sur la Sacem, cette institution privée créée en 1850, chargée d’une mission de service public, qui brasse des sommes astronomiques et qui est chargée de répartir ces droits d’auteurs de façon équitable… Le problème commence là, et depuis 2003, l’opacité est toujours aussi intolérable.

La Sacem engrange annuellement 900 millions de droits d’auteur (radios, tv, bals, fonds musical des commerces, spectacles…), dont 250 millions perçus au nom d’autres organismes. Elle gère 28 millions d’oeuvres pour le compte de 116.000 sociétaires. Que fait-elle de ces sommes ?

La répartition est incompréhensible : par exemple, un artiste qui a fait la musique d’un dessin animé qui est diffusé à plusieurs reprises à la télévision reçoit un relevé pour la période avec une somme, sans aucune mention du nombre de diffusion, ni des chaînes qui ont diffusé. Comme il lui est impossible de savoir qui a diffusé et quand, il encaisse le chèque sans aucune possibilité de vérifier quoi que ce soit ou de prévoir des rentrées de droits !

Obtenir des renseignements auprès de la Sacem relève du parcours du combattant : téléphonez et posez la même question à 1 h d’intervalle, vous verrez que suivant l’interlocuteur, vous aurez une réponse différente ! Le personnel n’y comprend rien lui-même !

Pourquoi ces aberrations et dysfonctionnements ? La Sacem se trouve au carrefour des pouvoirs culturel, économique et politique : c’est jamais bon, car l’odeur des magouilles à tire larigot, du copinage à excès et de la xénophobie, se fait sentir… En outre, Jean-Loup Tournier, l’a dirigée d’une main de fer pendant quarante ans, avec des coûts de fonctionnement pharaoniques (il s’était fait offrir un appartement cossu dans un des quartiers chics de Paris et s’octroyait un salaire mirobolant), réduisant au silence toute contestation interne et décourageant quiconque de s’y intéresser de trop près, y compris son autorité de tutelle. Depuis 2001, Bernard Miyet a repris le flambeau à la présidence du Directoire.

Il a déjà ouvert davantage l’institution, et son défi va être, maintenant, de moderniser la Sacem pour faire face à la baisse des droits d’auteur dûe au piratage (-16 % en 2006) et à l’ouverture demandée par l’Union Européenne. Il faut espérer que progressivement, la Sacem sera plus à l’écoute des artistes dans leur ensemble, et non plus principalement à l’écoute des 10 plus gros sociétaires (J.J.Goldman, P.Bruel, P.Obispo, F.Cabrel, M.Farmer…) !…

1 Commentaire

  1. djjeffouille dit :

    Que la Sacem en profite , c’est bientot fini pour elle les magouilles en se faisant passer pour un chevalier Blanc

    L’AIMSA "no sacem inside" qui existe depuis tout juste un an est en train de casser son monopole partout en France , sur le Net et Hors Net

    Le Site : http://www.aimsalibre.com

    Pascal Negre a dit "La Musique sera payante où ne sera pas" , il a encore raté une occasion de fermer sa gueule 🙂