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Pourquoi des placards dorés pour les Ministres écartés ?

Placards dorésC'est indécent mais c'est l'usage parait-il... Une pratique qui coûte cher et qui n'a aucune justification : si des Ministres sont écartés d'un gouvernement après un remaniement, ils ont un lot de consolation en étant affecté à un poste bien rémunéré et pas trop ardu ni compromettant ! Curieux, non ?!!! Pourquoi ne reprennent-t-ils pas leurs anciennes fonctions ?

On apprend par le Canard Enchainé que Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-Démocrate (PCD, allié à l’UMP), débarquée du gouvernement en juin 2009, est employée en "qualité de chargée de mission" sur la mondialisation confiée par l’Elysée depuis le 1er avril 2010, avec une "rémunération mensuelle" de 9.500 euros nets, une "voiture avec chauffeur", des "bureaux dans le XVe arrondissement de Paris" et un "secrétariat particulier". Et Madame Boutin de confirmer que "ce n’est pas une mission bidon, c’est une mission très importante, avec des rendez-vous au plus haut niveau".

Madame Boutin aurait donc pour mission de faire des propositions pour la présidence française du G20 qui se déroulera de novembre 2010 à novembre 2011, et notamment sur "les conséquences sociales de la mondialisation" ! Qu'est-ce qu'il ne faut pas inventer !...

Par ailleurs, que faire de Xavier Darcos, évincé du gouvernement après les élections régionales de mars dernier ?!... Ca y est, on semble lui avoir ttrouvé un point de chute... L'ancien ministre de l’Education nationale et du Travail, Xavier Darcos, devrait diriger "L'Institut français", chargé de la politique culturelle extérieure de la France ! L'Institut français, établissement public autonome, va succéder à l'association Cultures France dirigé par Olivier Poivre d'Arvor, qui elle-même avait remplacé l’AFAA (Association française d’action artistique).

Monsieur Darcos baigne-t-il dans le milieu culturel ? Non, mais c'est pas grave... Aujourd'hui, on sait que l'Institut français aura peu de moyens et ne s'occupera pas des Centres Culturels à l'étrnger : une jolie coquille vide !

Les photos de pères nus supprimées d'une exposition à Bordeaux

Expo de pères nus censurée à BordeauxLe directeur du Musée d'Aquitaine à Bordeaux vient de faire enlever toute une série de photographies de l'exposition "Humain, très humain" qui doit s'ouvrir samedi 12 avril 2008 : des pères nus avec leurs enfants !

Décidément, la censure sur l'art et la culture fait l'actualité : après la censure d'une Compagnie de Théâtre par le maire de Cuers, voici une nouvelle censure décidée par "principe de précaution" vis à vis des problèmes de pédophilie ou d’inceste dont on entend parler...

Les 20 photographes qui ont participé à ce projet collectif rassemblant 500 photographies dénoncent une "hypocrisie", car différents thèmes sont abordés dans cette exposition, et aucun rejet n'avait été évoqué lors de la sélection des photos. Cependant, le litige qui avait explosé entre l'association La Mouette et le CAPC pour son exposition "Présumés innocents" est dans toutes les mémoires à Bordeaux.

Christian Delecluse, le photographe qui a fait ces clichés de pères nus avec leurs enfants, qualifie la censure dont il est l'objet d'"affligeant et dépitant". Ces photographies, réalisées entre 1993 et 1997, sont sorties dans un livre "Un tel père et fils" (éditions du cercle d’art), et ont déjà été exposées à la Fnac, sans problémes.

Christian Delecluse regrette qu'"on ne laisse même pas au citoyen le droit de se faire sa propre opinion, de trouver ça bien ou pas. Pour le bien public, tout ça est décidé à ta place". Il dénonce la "lâcheté" des responsables qui n'ont "aucun courage politique. Les représentants culturels préfèrent passer pour des cons plutôt que de débattre ou de risquer un procès".

Heureusement, une galerie privée a proposer d'exposer ces photographies. Mais quid de l'avenir de la politique culturelle publique en France ?...

Edit Buzzy 12/04/08 : A dix minutes du vernissage de l’exposition hier soir, le directeur du musée d’Aquitaine a finalement décidé de réintégrer les photos litigieuses de Christian Delecluse, et fait ré-accrocher dans l’urgence la série.

Une Compagnie de Théâtre victime du maire de Cuers

Cuers : culture en berneLa compagnie Princesses Peluches, était programmée à Cuers (83), avec son spectacle Kristin, le 29 mars 2008, par Orphéon Théâtre intérieur dans le cadre de la Saison de l'Abattoir organisée par la Ville de Cuers.

L'Abattoir est une salle de spectacle bénéficiant du soutien financier du Conseil Général du Var (label Var en Scènes) qui présente la particularité de faire, d’octobre à juin, une large place, aux Arts de la rue avec plus de 50% de spectacles hors ses murs et gratuits.

Depuis sa création, le spectacle Kristin a été joué plus d'une quarantaine de fois dans de grands festivals, il a été présenté en 2007 par la Ville d'Aubagne et Lieux publics - centre national de création, puis à Chalon dans la rue avec le soutien de la SACD. Il s'agit donc d'un spectacle qui a fait ses preuves...

Ce spectacle est un déambulatoire au cours duquel des phrases sociales et poétiques sont inscrites dans la ville. La peinture utilisée est prévue pour être effacée à l'eau chaude !

Mais voilà, le Maire de la majorité présidentielle, nouvellement élu à Cuers, fait intervenir les services techniques pour recouvrir les textes inscrits sur la chaussée avec du goudron !

Il porte plainte contre Caroline Amoros, auteure et comédienne de la compagnie Princesses Peluches pour "dégradation de la voie publique" et suspend la Saison de l'Abattoir (plus de 60% de spectacles hors les murs) labellisée par le Conseil Général du Var.

Pour que les arts et la culture puissent continuer à se développer en toute liberté dans les rues de Cuers et d'ailleurs, vous pouvez soutenir la compagnie !

La mort du Ministère de la Culture et du spectacle vivant

Intermittents et Christine AlbanelAlors que se déroulent les Entretiens de Valois, l'intersyndicale des agents du ministère de la Culture a appelé à la grève et à un rassemblement jeudi à 14 heures devant le ministère pour exprimer leur inquiétude sur la “menace de disparition du ministère de la Culture en tant que tel, de ses missions de service public et de l'avenir de ses personnels“.

Christine Albanel, ministre de la Culture, se dit “attentive à l'inquiétude“ qui se manifeste depuis quelques semaines devant les réformes à venir dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) lancée cet été par l'Elysée où les missions du ministère seront regroupées autour de trois pôles : patrimoine, création, économie de la culture et démocratisation culturelle.

Pour 2008, les aides de 200 compagnies seront rognées de 4 à 6% et d’environ 17% pour celles de l’action culturelle (projets menés dans les écoles, hôpitaux, quartiers défavorisés, milieux carcéraux…).

Les Scènes Nationales auront les mêmes aides qu'en 2007. Plus personne ne programme puisqu'ils ignorent quel sera le montant des aides. Le Ministère renvoie l’ascenseur aux Dracs (Direction Régionale des Affaires Culturelles) qui ont elles-mêmes pour consignes de ne rien dire.

Le ministère de la culture est en train d'anéantir cinquante années d’aide publique culturelle. Cette politique met en péril la diversité culturelle de la France. On va au delà de la "culture du résultat" chère à Nicolas Sarkozy puisque des structures qui ont un large public sont aussi concernées par ces restrictions. Finalement, peut-être que le Times avait raison...

Vous avez prévu d'aller au Festival d'Avignon cette année ou à d’autres festivals ? Attention, ils risqueraient bien d'être perturbés voire annulés...

La Culture épinglée par la Cour des Comptes

Christine albanel et cour des comptesUn rapport de la Cour des Comptes, qui doit être rendu public aujourd'hui, épingle le Ministère de la Culture sur les grands chantiers culturels, particulièrement parisiens. Depuis dix ans, on y constate des dépassements de coûts et des retards systématiques qui mettent en danger les autres missions du ministère de la Culture : il s'agit notamment des chantiers du musée du quai Branly, du Grand-Palais, de la Cinémathèque, de l'Opéra-Garnier, de l'Odéon, etc...

Selon le rapport qui porte sur 61 opérations, une trentaine de ces chantiers achevés ont coûté 30 % supplémentaires, avec des retards "systématiques et de grande ampleur".

La ministre de la Culture, Christine Albanel, a déjà réagi en disant que les critiques étaient explicables ! Là, on peut rire... Comment peut-elle expliquer le fait que les programmes initiaux sont imprécis, observent des surcoûts ou des retards d'ouverture (3 ans pour les espaces d'accueil du musée d'Orsay !) ?

Non, décidément, Madame Albanel est une Ministre de la Culture à l'ancienne, à l'image de Versailles qu'elle dirigeait auparavant. Elle va contribuer à donner raison au Time : la culture française se meurt...

La culture française est morte selon le Time

Culture francaise morte selon le TimeLe dernier numéro de Time Magazine, édition européenne datée du 3 décembre 2007, titre "The death of French Culture" ou "La mort de la culture française"... Vrai, faux, pourquoi ?

Au long de 6 pages pas vraiment complaisantes, l’auteur de l’article, Donald Morrison, nous indique que la culture française existe bien toujours mais qu'elle est incapable de s’exporter. Il fustige notre système trop dirigiste et subventionné, et montre son penchant pour la "démocratisation" de la culture telle que l'entend Sarkozy ou pour le mécénat que Christine Albanel souhaite développer.

Donald Morrison, journaliste de 61 ans vit à Paris depuis quatre ans et fréquente la France depuis trente-cinq. Il reconnait qu'"en France, la culture se porte bien : chaque village a son festival, la scène culturelle française est vigoureuse." mais que "Piaf ou Truffaut ont eu hier un grand succès auprès du public étranger parce que celui-ci raffolait alors de l’“intensément français”. Aujourd’hui le monde est différent : les pays anglo-saxons, notamment, s’intéressent d’abord à ce qui passe chez eux."

Il conclue que le retour en force de la culture française passera par le métissage : "La France est devenue un bazar multiethnique d’art, de musique et d’écriture venant des banlieues comme des coins les plus divers du monde non blanc." Le rap, le hip-hop et la bande dessinée ont de l'avenir, selon lui.

Certes, il est loin d'avoir complétement tort : la frilosité des décideurs culturels n'encourage pas la création culturelle, les moyens financiers se concentrent autour des projets qui font partie du "patrimoine" au sens large, de la culture française d'hier...

C'est dommage car en attendant des artistes crèvent de faim...